« Les Voyages d’Amélia » disponible en podcast

Ca y est, enfin. Les huit premiers épisodes des Voyages d’Amélia sont disponibles. Faites vite le plein d’Histoire!

Le podcast est accessible ici.

Les Voyages d’Amélia au cœur de l’Histoire.

Communiqué de presse.

Connaissez-vous l’histoire des Pharaons ? Savez-vous pourquoi les dinosaures ont disparu ? Et pourquoi les sujets de Louis XIV portaient des perruques ? Dans le podcast « Les voyages d’Amélia au cœur de l’Histoire », découvrez les réponses à ses questions grâce à Amélia, 10 ans et Granny, une antiquaire bougonne mais sympathique qui cache dans sa boutique un ascenseur magique. Il permet de voyager dans le temps !

Les quatre épisodes suivant seront disponibles le 15 décembre.

Bonne écoute!

Les voyages d’Amélia

Allez, hop, c’est parti pour un nouveau podcast!

L’aventure de « La Petite Reine » aidant, je n’ai pas été long à convaincre lorsque Bloom m’a rappelé pour écrire une nouvelle série pour les enfants.

Après l’écologie, ce sera l’Histoire.

Amélia, une petite fille âgée de 10 ans, fait la connaissance de Granny, une vieille antiquaire bougonne mais sympathique, qui cache dans sa boutique un mystérieux ascenseur à remonter dans le temps… Ensemble, dans chaque épisode, elles vont explorer différentes époques et partir à la rencontre de nombreux personnages qui ont marqué l’Histoire.

Les premiers épisodes (écrits par Thomas Le Petit-Corps) seront disponible à la fin de mois de septembre sur Deezer.

Si vous voulez en savoir plus, on en parle le 17 octobre prochain au Paris podcast festival:

« La Petite Reine » à l’école

Avec « La Petite Reine », nous avons passé la fin de l’année 2020 et la première moitié de l’année 2021 à l’école.

Des institutrices se sont saisie de notre podcast et l’ont utilisé tout au long de l’année scolaire. Des classe de CE1, CE2, CM1, CM2 s’en sont emparé. Les élèves ont écouté les quinze épisodes… et ils ont déployé leurs apprentissages autour de ce qu’ils ont entendu: productions graphiques, productions d’écrits, science et, évidemment, écologie.

Épisode 10 : « Jour de marché »

La qualité du travail est remarquable et nous avons suivi tout au long de l’année la vie scolaire de « La Petite Reine ».

Avec Carole Tolila et Jacky Nercessian, les deux interprètes, avec Carole Cheysson et Perrine Dard, les deux productrices et réalisatrices, avec Suaena Airault et moi, les deux auteurs, nous sommes allés dans les classes et nous avons rencontré les enfants. Nous avons parlé avec eux, écouté leurs commentaires et leurs suggestions et même, parfois, participé à leurs travaux!

Carole Tolila, en pleine visioconférence avec une élève.

Nous tenons à remercier les enfants et les enseignants pour leur investissement et leur travail.

Si vous voulez en savoir plus, allez jeter un œil sur le site de

Effondrement de l’URSS, les années chaos

J’avais rencontré Denis Sneguirev il y a quelques années, alors qu’il terminait un documentaire sur Marius Petipa, le maître français du ballet russe. J’avais adoré travailler avec lui. Tout est simple, efficace et passablement intelligent.

Il est revenu me voir avec un nouveau projet, autour de la disparition de l’URSS. Que dire de plus: c’est un sujet parfait.

En août 1991, l’Empire soviétique s’est effondré.

Ce colosse, dont la puissance avait surplombé le monde pendant près d’un siècle, révélait ses pieds d’argile.

Un coup d’État avorté, le pouvoir qui change de mains : quelques journées de portée symbolique qui révèlent la faillite préexistante et les problèmes endémiques qui minaient le pouvoir soviétique.

À partir de là… on abolit toutes les règles et on avance au fur et à mesure.

Que se passe-t-il lorsqu’un État disparaît ?
Lorsqu’il n’arrive plus à financer ni à gérer le territoire dont il a la charge ?

Que deviennent les professeurs sans salaire ?

Les fonctionnaires sans revenu ne sont-ils pas tentés de fusionner leurs activités avec celles des caïds ?

Qui s’occupe de la sécurité de l’arsenal nucléaire et de sa maintenance ?

Et la culture, qui s’y intéresse encore ? On balaie tout et on (re)construit sur les ruines !

Quelques mois après Piccoli…

…c’est au tour de Jean-Claude Carrière de disparaître.

J’avais rencontré Jean-Claude juste après l’écriture, avec Michel Piccoli, de « Alors voilà, » en 1995. Le scénario ne rencontrait aucun écho, la polie et totale absence de réponse des distributeurs et diffuseurs était assourdissante.

La productrice avait alors demandé à Michel s’il pourrait solliciter Carrière pour écrire une version plus aimable du scénario : une « version diffuseur ».

Ils se connaissaient depuis le film « Belle de jour » de Buñuel dont Carrière avait écrit le scénario.

Nous avons eu quelques séances de travail avec Jean-Claude. Il adorait Michel. Et pendant ces séance, je ne cessais de me demander pourquoi Piccoli avait choisi de travailler avec un scénariste néophyte de vingt-cinq ans plutôt qu’avec quelqu’un comme Jean-Claude, puits d’expérience, d’intelligence et de vivacité…

Très rapidement et avec un savoir-faire dévastateur, Jean-Claude a dressé les grandes lignes de cette version aimable du film que nous venions d’écrire. Et je voyais Michel blêmir… Même s’il savait que cette réécriture n’en était pas vraiment une, même s’il était très clair que son film serait ce que nous avions écrit pendant les quatorze mois précédents et non cette vision « accceptable » de son histoire, Michel souffrait de cette reformulation de son travail. Il ne le supportait pas.

Jean-Claude l’a vu, lui aussi. Et le travail s’est arrêté là, la version aimable du scénario abandonnée.

Quelques années plus tard, alors que je me prenais les pieds dans la lourdeur des scènes politiques de Parole de pirate!, j’ai appelé Jean-Claude.

Nous ne nous étions pas revus depuis cette tentative avortée quelques années plus tôt. Il m’a pourtant immédiatement répondu. Il a très attentivement lu mon scénario. Il m’a reçu dans sa charmante petite maison parisenne. Et il a consacré un après midi entier à me parler des scènes qui me posaient problème et à trouver des solutions. Pendant l’après-midi les anecdotes et les histoires se sont enchaînées sans discontinuer. Des histoires de Pancho Villa (qui était un des personnages à l’arrière plan de mon scénario). Des histoire de Luis Buñuel avec qui il avait longuement planché sur un scénario jamais réalisé qui mettait en scènes de longues discussions politiques et comment ils avaient contournés les mêmes difficultés que je rencontrais avec mon texte.

Un après-midi délicieux, en compagnie d’un homme généreux, d’une folle curiosité, rieur et extrêmement brillant.

Une Petite Reine qui métamorphose nos vies

« La Petite Reine » est un titre unique, née de la rencontre de Carole Tolila, journaliste présentatrice de l’émission « Silence ça pousse ! » sur France 5 et de l’équipe de Bloom, la radio des enfants. Depuis longtemps, elles voulaient, chacune de leur côté, sensibiliser les enfants à l’écologie, convaincues que ce sont eux qui détiennent les clés du futur. Les enfants sont passionnés et radicaux ; ils sont capables de s’engager et de changer profondément. En s’aventurant ensemble dans la conception de cette série, elles étaient loin d’imaginer combien son écriture et sa réalisation allaient bouleverser leur quotidien et les obliger à approfondir leur propre engagement écologique.

Une grande histoire de fiction

Une fois le principe de la série posée, il fallait en définir plus précisément les contours. L’équipe de Bloom souhaitait ancrer le titre dans la fiction : une bonne histoire pour captiver les jeunes auditeurs et aborder les sujets écologiques épisodes après épisodes, sans leur faire la leçon.

Pour accompagner Carole Tolila dans ce travail d’écriture, l’équipe de Bloom est allée dénicher deux auteurs, Suaena Airault et Thomas Cheysson, scénaristes de télévision et de cinéma : deux spécialistes des histoires, avec une pointe de poésie en prime. Ils ont rejoint l’équipe pour inventer un cadre, des personnages, des situations et des émotions qui permettent d’exprimer les idées formulées par Carole. L’héroïne de la série, la Petite Reine, est apparue au fil des discussions et des propositions : c’est un papillon monarque. Mais pas un papillon comme les autres : elle a le goût de l’aventure et de la découverte. Lorsque l’histoire commence, elle vient de traverser tout un continent et de franchir toutes sortes d’obstacles pour passer l’hiver au chaud, au Mexique. Pendant son long voyage, elle a observé la nature et elle l’a trouvé très belle et très fragile. Son petit esprit de papillon a accumulé les questions au fil des kilomètres. La Petite Reine veut tout savoir ! Alors, au cœur de cette forêt mexicaine, la Petite Reine passe un marché avec un vieil arbre solitaire et bougon nommé Abie. Elle lui raconte tout ce qu’elle a vu durant son périple. En échange, le vieil Abie interroge tous les arbres du monde auxquels il est connecté par ses racines. La Petite Reine et Abie : à eux deux, ils font une équipe formidable, ils vont trouver des réponses et même des solutions !

Une fiction très documentée

Fort de ce cadre narratif, l’écriture pouvait commencer. Les deux auteurs pouvaient commencer à inventer des péripéties pour la Petite Reine et Abie afin de donner corps aux thématiques que Carole Tolila avait proposées. La forêt, l’air, la terre, la mer, la forêt, le réchauffement climatique, le feu, les déchets, les transports, les jouets, l’alimentation, le numérique… autant de sujets écologiques essentiels. Des sujets vastes qu’il fallait circonscrire. Des sujets parfois complexes qu’il fallait rendre compréhensibles sans les simplifier outre mesure. Un dernier membre est venu rejoindre l’équipe d’écriture : la documentaliste Claire Benahim. Elle contactait les spécialistes, lisait les revues scientifiques, écumait Internet et les bibliothèques. Elle digérait sans relâche les informations pour en faire la synthèse aux deux scénaristes afin qu’ils puissent en infuser leur récit.

Edgar et tous les enfants

Mais chaque jour, l’équipe redécouvrait que l’écologie n’est pas un sujet comme un autre. C’est un sujet majeur qui touche tous les domaines de notre vie. C’est un sujet qui demande de l’engagement et de la sincérité… surtout lorsqu’on s’adresse aux enfants. Au centre de cette réflexion collective, il y avait toujours Edgar, le fils de huit ans de Carole Tolila. C’est grâce à Edgar que Carole a une conscience si aiguë de la nécessité de sensibiliser les enfants aux défis écologiques qui les attendent. Et, alors que la Petite Reine et Abie prenaient vie sur le papier, Edgar était comme un baromètre pour l’équipe : être juste, être crédible, ne pas mentir. Edgar est devenu tellement important pendant le processus d’écriture que les auteures et l’auteur lui ont créé un jumeau imaginaire qui, face à l’état d’urgence écologique qui apparaît au fil des épisodes, propose aux jeunes auditeurs des solutions concrètes qu’ils peuvent mettre en œuvre.

L’engagement écologique

Mais donner le jour à la Petite Reine, c’est plus qu’un travail d’écriture. C’est avant tout un travail de réflexion, de choix et d’engagement.

« Réflexion, choix, engagement » ne sont pas de vains mots, tous les membres de l’équipe peuvent en témoigner. À de très nombreuses reprises, des discussions et des dissensions ont fait rage. « Si on décrit la pêche intensive dans toute son ampleur, les enfants ne voudront plus jamais manger de poisson ! Si on parle de l’impact positif du végétarisme, nos petits auditeurs vont changer leurs habitudes alimentaires… Et après avoir écouté cet épisode, ils ne voudront plus que leurs parents achètent de la peinture industrielle avec des solvants. »

Après avoir pris en compte la réalité des faits, les données scientifiques, le consensus sociétal sur chacune des questions traitées, l’équipe a réfléchi avec rigueur, choisi et s’est engagée. Et cet engagement a des conséquences certaines : peut-être que des enfants changeront de comportement après avoir écouté la Petite Reine, peut-être qu’ils entraîneront des adultes avec eux. C’est un risque… souhaitable.

AVERTISSEMENT : cette série est une aventure écologique qui peut provoquer des changements (à commencer par toute l’équipe qui l’a créée) !

Quelques ressources supplémentaires

La Petite Reine est un voyage écologique. La série vous emmènera dans des territoires lointains.

Pour les traduire en mots et en sons, les auteures et l’auteur les ont explorés avant vous. Assis derrière leur table de travail, ils ont suivi les liens Internet préparés par Claire Benhaim, la documentaliste ; ils en ont découvert d’autres lors de leurs recherches.

Parmi toutes ces pages et ces images consultées, ils ont rassemblé celles qu’ils ont aimées le plus, pour ceux qui veulent aller plus loin et suivre leurs pas dans la fabrication de ce monde imaginaire.

  • Le vrai décor de la forêt mexicaine dans laquelle se déroulent tous les échanges entre la Petite Reine et Abie
  • Les photos de la barrière de corail méso-américaine, menacée par la pollution
  • Les images du fou aux pieds rouges, l’oiseau qui entraîne la Petite Reine au-dessus des océans
  • Plus d’information sur le continent des déchets qui flotte dans l’océan
  • Les inventions d’aujourd’hui et du futur pour aider la planète
  • Wikimini, une source d’informations très claire et précieuse pour les enfants, par exemple pour expliquer la photosynthèse

« La Petite Reine » sous l’aile du papillon

Le podcast pour Bloom et Audible a trouvé son titre définitif.

L’écriture s’est termminée, avec beaucoup de bonheur et de plaisir.

L’enregistrement s’est déroulé sous la direction de Carole Cheysson, avec Carole Tolila et Jacky Nercessian dans les rôles principaux.

Sortie prévue à la fin du mois de septembre…

(c) Carole Tolila

La maîtrise de l’atome

En réalité, le fond du sujet de Comment j’ai épousé Miss Atomic 1963, ce sont ces hommes qui ont cru que la science et le progrès allaient leur permettre de dominer totalement la matière et donc le monde. C’est une histoire de toute puissance. Une toute puissance folle… et qui correrspond très bien à une certaine génération, née juste après la première guerre, et à certain profil d’homme, éduqué, blanc et potent.

Et c’est cette folie dont la génération suivante hérite (nous, le personnage de Lucy dans notre film) et qu’elle doit réfuter sans tomber dans un rejet des valeurs scientifiques et de progrès qui ont mené à cette folie.

La famille de « Alors voilà, »

En 1995, alors que nous sommes en train d’achever le scénario, Michel Piccoli décide de rassembler les acteurs qu’il a en tête pour la famille du film.

Sous le regard du directeur de casting Richard Rousseau, Michel parle de son film, il observe et répond au questions de Michèle Gleizer, Elisabeth Margoni, Nathalie Eno, Maurice Garrel, Roland Amstutz, Bernard Bloch, Pascal Elso et Jean-Michel Portal.

Projection de « Alors voilà, »

Le 9 juillet a eu lieu une projection du film « Alors voilà, » réalisé par Michel Piccoli en 1996.

Michel PICCOLI, (c) Emilie Poirot.

Il m’aura fallu quelques jours pour digérer cette projection de « Alors voilà, », organisée très précisément vingt-cinq ans après l’écriture du scénario. Elle a eu sur moi la vertu d’une piqûre de rappel.

J’entends encore la productrice nous lancer, à Michel et à moi, avec une pointe de sarcasme dans la voix : « Vous avez tout pour plaire… faire un film d’atmosphère en y glissant de l’intime et du vécu, une sorte de quête initiatique avec des vieux (carrément un vieillard !) et de très jeunes enfants… votre film, vous l’écrivez comment ? »

Et justement… Michel et moi, cherchons en novices que nous sommes, la réponse à cette question pendant les dix-huit mois de cette écriture.

Nous y cultivons le chaos, mais en veillant toujours à l’intensité et à la précision du propos, en gommant les aspérités qui nous gênent tant : les multiples rebondissements, les fausses intrigues, les complots, les dialogues brillants qui se noient sans faire avancer l’action ni le spectateur.

Nous portons une attention méticuleuse aux couleurs, formes et strates qui font les atmosphères et habitent nos personnages. Nous cherchons un mode de narration qui joue de l’accumulation et de la juxtaposition des situations, des détails et des rituels. Les petits gestes et les objets. Nous les convoquons aussi parce qu’ils constituent la matière de nos personnages et définissent les contours de ce qu’ils sont.

Nous faisons confiance à ces personnages pour dérouler de manière désordonnée leurs gestes et leurs mouvements jusqu’à la fin et ses possibles ; confiance en notre instinct aussi, pour pouvoir continuer à surprendre.

Ce ne sont plus les rouages narratifs qui sont moteurs, mais le choc entre les personnages. Des personnages perdus et imprévisibles. Des personnages ballottés entre la violence et la beauté. Nous aussi, nous courrons après la beauté. Nous courrons aussi après cette brutalité qui s’exprime en rafales soudaines.

Nous aimons les silences rompus par les rafales de violence ou de joie. Nous aimons la tristesse infinie ponctuée de franche rigolade ou de désinvolture, le burlesque qui alterne avec une violence sourde. Nous aimons cette sexualité qui par bouffées entraîne les personnages dans des situations improbables où une pudeur infinie côtoie la crudité et l’animalité des corps comme des sentiments. Nous aimons ces dialogues parcimonieux, qui n’expliquent pas, puis qui, dans un souffle, n’hésitent pas à se déployer largement.

Tout cela, et plus encore, je le défends confusément depuis vingt-cinq ans face à des lecteurs de scénarios et des décideurs formés dans les séminaires de Robert McKee. Une série de positions désordonnées qui tentent de préserver ce qui était primordial pour Piccoli et qui était sans aucun doute à l’origine de son choix d’écrire son premier film avec un scénariste de vingt-cinq ans dénué de toute expérience : éviter les recettes de fabrication, les sentiers battus et les pensées toutes faites.

Cette projection, donc, est une salutaire piqûre de rappel. Par les couilles du Saint-Père, il est plus que jamais temps de poursuivre ce travail amorcé il y a vingt-cinq ans et de défendre explicitement – et non plus confusément – des films, des histoires et des personnages issus de ce vivant chaos.

Alors voilà,

Sous l’aile du papillon

Un podcast se profile à l’horizon.

Une fiction pour les enfants autour de l’écologie. Quinze épisodes pour Audible. Produit par Bloom la radio des enfants. Ecrit en collaboration avec Suaena Airault.

La Petite Reine se pose en catastrophe ; elle est essoufflée et fatiguée de son long voyage. Elle vient de traverser tout un continent et de franchir toutes sortes d’obstacles pour passer l’hiver ici, dans la forêt de sapins de la Sierra Chincua au Mexique, comme des millions d’autres papillons monarques.

Il faut dire que la Petite Reine n’est pas un papillon comme les autres. Elle a le goût de l’aventure et de la découverte. Pendant son long voyage, elle a observé la nature et elle l’a trouvé très belle et très fragile.

Mais ce voyage a soulevé plein de questions dans son petit esprit de papillon : à présent, la Petite Reine veut tout savoir !

Alors, au cœur de cette forêt mexicaine, la Petite Reine passe un marché avec un vieil arbre solitaire et bougon : elle lui raconte tout ce qu’elle a vu durant son voyage écologique. En échange, le vieil arbre interrogera tous les arbres du monde auxquels il est connecté par ses racines pour obtenir toutes les réponses.

À eux deux, ils font une équipe formidable : ils vont trouver des réponses aux questions de la Petite Reine et même des solutions ! Alors, viens vite les retrouver pour écouter le récit de leurs aventures.

Tom Bacher

Yves et moi, les deux auteurs de Comment j’ai épousé Miss Atomic 1963, devons commencer par un aveu : les noms de codes « atomiques » projet Manhattan, Trinity et son « gadget », Little Boy, Enola Gay, Gerboise bleue… nous font rêver. Notre mauvaise conscience nous interdit d’ajouter à cet inventaire l’extraordinaire pop culture qui s’est développée dans le sillage du nucléaire, mais mentionnons juste les abris antiatomiques au fond des jardins dans lesquels nous jouions enfants.

Parce qu’aujourd’hui personne n’ose en rêver, l’atome c’est Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima, arrêt programmé des centrales, point barre.

Et pourtant, nous n’y pouvons rien ! L’atome s’invite depuis trop longtemps dans nos projets individuels ou communs, il hante nos écritures — scénarios et romans — un peu comme une filiation ou un héritage, de plus en plus lourd à trimballer. Il fallait bien un jour lui régler son compte.

L’occasion et l’idée se sont présentées à nous lors d’un repérage aux États-Unis pour un autre projet, où nous avons rencontré le peintre Pop Art Tom Bacher.

L’atelier phosphorescent de Tom Bacher

C’était il y a quelques années déjà, il nous avait embarqués dans sa balade « atomique », Las Vegas, Los Angeles, et des coins reculés où vivaient ses amis et collectionneurs célèbres comme l’écrivain Jim Harrison ou l’acteur Denis Hopper. Depuis le site d’essais nucléaires d’Atomic City jusqu’aux sujets et la matière même de ses toiles, les pigments phosphorescents et radioactifs qui l’ont rendu célèbre, sa vie semblait se résumer à l’atome et au rêve de toute-puissance des États-Unis. C’est sur ces routes qu’est née l’envie de Comment j’ai épousé Miss Atomic 1963. Nous avions devant nous le modèle vivant de notre personnage, celui qui allait nous aider à — définitivement ? —  solder nos comptes.

Michel Piccoli est mort

C’est une nouvelle bouleversante.

Train de nuit, (c) Les Poissons Volants.

J’avais rencontré Michel en 1994 ; j’étais assistant réalisateur sur Train de nuit, son premier court-métrage comme réalisateur.

Michel PICCOLI sur le tournage de « Train de nuit », (c) Emilie Poirot.

L’année suivante, j’ai écrit Alors voilà avec lui, son premier long-métage.

C’est un film rare.

Les années passant, j’ai tendance à l’oublier moi-même.

Les dix-huit mois d’écriture du film ont été fondatrices pour le jeune et novice scénariste que j’étais. Une écriture qui était bien plus que les mots posés sur le papiers, une écriture bousculée par le casting, les voyages, les visites de lieux et les rencontres, une écriture bousculée par la vie même. Et une production (Les Poissons Volants à l’époque) qui nous a laissé nous égarer pendant des mois pour enfin donner corps à cette oeuvre si singulière.

« Jeunesse oblige » est tragique

C’est propre la tragédie. C’est reposant c’est sûr… D’abord, on est entre-soi. On est tous innocents en somme ! Ce n’est pas parce qu’il y en a un qui tue et l’autre qui est tué. Et puis surtout, c’est reposant la tragédie, parce qu’on sait qu’il n’y a plus d’espoir, le sale espoir ; qu’on est pris comme un rat avec tout le ciel sur le dos, et qu’on n’a plus qu’à crier, à gueuler à pleine voix.

Si cela n’était pas une tragédie, on se débattrait, parce qu’on espérerait en sortir. Ce serait ignoble, ce serait utilitaire.

Là, avec la tragédie, c’est gratuit. Et il n’y a plus rien à tenter, enfin !

L’histoire de Paul, Thomas et Blaise est parfaitement décrite par les mots du chœur d’Antigone de Jean Anouilh, la première de ses « Nouvelles pièces noires ».

« Jeunesse oblige » est une course désespérée, dans laquelle chacun des protagonistes agit en dépit du poids funeste et immuable qui pèse sur ses épaules. Chacun sait comment ça va finir.

C’est notre point de départ, indéniablement !

Le travail d'écriture de Thomas Cheysson