Tom Bacher

Yves et moi, les deux auteurs de Comment j’ai épousé Miss Atomic 1963, devons commencer par un aveu : les noms de codes « atomiques » projet Manhattan, Trinity et son « gadget », Little Boy, Enola Gay, Gerboise bleue… nous font rêver. Notre mauvaise conscience nous interdit d’ajouter à cet inventaire l’extraordinaire pop culture qui s’est développée dans le sillage du nucléaire, mais mentionnons juste les abris antiatomiques au fond des jardins dans lesquels nous jouions enfants.

Parce qu’aujourd’hui personne n’ose en rêver, l’atome c’est Hiroshima, Tchernobyl, Fukushima, arrêt programmé des centrales, point barre.

Et pourtant, nous n’y pouvons rien ! L’atome s’invite depuis trop longtemps dans nos projets individuels ou communs, il hante nos écritures — scénarios et romans — un peu comme une filiation ou un héritage, de plus en plus lourd à trimballer. Il fallait bien un jour lui régler son compte.

L’occasion et l’idée se sont présentées à nous lors d’un repérage aux États-Unis pour un autre projet, où nous avons rencontré le peintre Pop Art Tom Bacher.

L’atelier phosphorescent de Tom Bacher

C’était il y a quelques années déjà, il nous avait embarqués dans sa balade « atomique », Las Vegas, Los Angeles, et des coins reculés où vivaient ses amis et collectionneurs célèbres comme l’écrivain Jim Harrison ou l’acteur Denis Hopper. Depuis le site d’essais nucléaires d’Atomic City jusqu’aux sujets et la matière même de ses toiles, les pigments phosphorescents et radioactifs qui l’ont rendu célèbre, sa vie semblait se résumer à l’atome et au rêve de toute-puissance des États-Unis. C’est sur ces routes qu’est née l’envie de Comment j’ai épousé Miss Atomic 1963. Nous avions devant nous le modèle vivant de notre personnage, celui qui allait nous aider à — définitivement ? —  solder nos comptes.

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