Uchronie

Dans le dossier de présentation de « Bison 6 », nous parlons de l’uchronie en ces termes:

« UCHRONIE (n.f.) : utopie appliquée à l’histoire ; histoire refaite logiquement telle qu’elle aurait pu être. », dictionnaire Larousse, 1913.
L’uchronie consiste à introduire un événement de fiction dans une situation historique existante pour jouer avec les conséquences possibles.
Nous jouons l’uchronie lorsque les membres de notre expédition se retrouvent aux côtés du Président de Haute-Volta, le jour de l’indépendance, sur les images d’actualité projetées dans les cinémas parisiens. Ou comme lorsque Hemingway décide d’embarquer les rescapés de notre expédition dans son petit avion pour les emmener à la rencontre du militant indépendantiste Félix Moumié, caché dans la forêt équatoriale camerounaise. Ou encore lorsque l’écrivain blessé et alité imagine la fin de l’expédition comme une course poursuite effrénée jusqu’à Pointe-Noire au Moyen-Congo.
L’aventure et ses péripéties au rythme historique précis et juste de la chronique des indépendances, jusqu’à l’exagération, jusqu’à l’événement divergent cher à l’uchronie.

« Bison 6 » brasse la réalité historique et s’en détache. Un dispositif narratif qui permet de prendre du recul par rapport aux événements. Procédé trop désinvolte au goût de certains lecteurs.

Pourtant nous récidivons: l’uchronie est bien au centre de « Ils ont tué Senghor ». Le film raconte l’homicide accidentel du président du Sénégal par un agent des services secrets français.

C’est abrupt, cela prêtera sans aucun doute plus encore aux critiques. Alors, pour s’en prémunir, pourquoi ne pas changer de registre. Abandonnons le film historique et affirmons la comédie.

« Ils ont tué Senghor » est une comédie.

Pensons à « To be or not to be » de Ernst Lubitsch et continuons à réfléchir.

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