Un film de Alain Nahum
Écrit par Thomas Cheysson et Yves Nilly
Produit par Les Poissons Volants
[Écriture en cours...]
L’histoire est vraie et non moins extraordinaire. L’un de nous est parti à Bagdad, en février 2003, quelques semaines à peine avant le déclenchement des bombardements américains, pour rencontrer et filmer Saddam Hussein avec sa petite caméra vidéo. Et ramener ces images à son père malade d’Alzheimer.
On dirait un film.
Le personnage principal : Simon, jeune étudiant. Il passe beaucoup de temps auprès de son père malade. Simon est né alors que son père avait déjà soixante ans. Une deuxième ou troisième vie, dit-on dans ces cas-là. Et Simon n’a jamais rien su de l’autre vie de son père, une vie d’homme de l’ombre : une véritable « fabrique des secrets ».
Simon s’occupe de son père atteint d’Alzheimer. Les souvenirs de son père s’effacent, d’autres ressurgissent sans crier gare, et Simon serait bien en peine de séparer le bon grain de l’ivraie.
Simon tient la main de son père qui ne le reconnaît plus, et il n’est pas près de la lâcher. Un rêve, quelques mots énigmatiques prononcés par le vieil homme à propos de son « ami Tarek », les images d’un film à Bagdad, les préparatifs de guerre contre l’Irak à la télévision : Simon s’envole, littéralement. Une décision qu’on pourrait qualifier de naïve et lucide. Vers l’Irak, vers un monde qui disparaît, gouverné par un Père du peuple tyrannique, aussi craint que vénéré. Simon part sur les traces invisibles et oubliées de son père. Un voyage insensé afin de rattraper le temps, la mémoire et l’oubli, rattraper sa vie. Au milieu d’une dictature qui impose la terreur et le secret ; qui vit surtout ses dernières heures avant le déluge de feu.
Notre film donc : Oublier Babylone. Une histoire de père et fils. Une histoire insensée de mémoires et de représentations, collectives et intimes. Vraies et extraordinaires.

