La croisade des enfants

Pas du tout respecté mon programme (la réécriture du film de Didier Nion, entre autres), je viens d’achever le livre de Florina Ilis, « La croisade des enfants ».

Au-delà des similitudes déroutantes avec « DMM City » (comme dans notre feuilleton, elle a un Harry Potter, une scène dans laquelle les enfants dresse la liste de leur revendications, une autre où ils découvrent des armes – avec les plus petits qui râlent pour en avoir comme les grands, sans parler du site Internet « le temps de l’innocence » qui dévoile au jour le jour les événements du train: si le livre n’avait pas été écrit en 2005, j’aurais pu jurer qu’elle avait eu notre scénario entre les mains), il y a nombres d’articulations très réussies dans le livre. Le début est laborieux, la fin est ratée. Le reste est tout à fait passionnant. J’ai pris des notes, j’ai réfléchi.

Du coup, je meurs d’envie de me replonger dans DMM.
Avec la certitude que nous sommes juste là où il faut (sur les enfants de banlieue, là où elle est sur les enfants des rues en Roumanie). Il y a des leçons à tirer du livre, certainement. À chaque page, je retrouvais la nécessité et l’évidencequ’il fallait mener ce projet à terme. Pourquoi pas un feuilleton radiophonique, ce serait un très bon premier pas. Un bon gros feuilleton, long et ambitieux.

 

Résumé du livre

L’histoire commence un matin, sur le quai d’une gare, quand un groupe d’enfants part vers la mer Noire, en colonie de vacances. Stoppé en pleine campagne par les écoliers, leur train ne parviendra pas à destination. Aidés par Calman, « Tsigane blond à peau blanche », les enfants vont y organiser leur propre vie devant des troupes spéciales déconcertées et des médias avides de nouvelles sensationnelles. Ce qui n’était au départ qu’un jeu pour les enfants, prêts à en découdre avec le monde réel ou virtuel des adultes, devient une véritable affaire d’Etat. On évoque la présence d’un groupe de terroristes voulant déstabiliser le gouvernement ; on pense par la suite à des malfrats, des trafiquants en tout genre – hypothèse encouragée par l’arrivée massive d’enfants des rues sur les lieux, qui demandent la liquidation des orphelinats et des foyers d’accueil. Les médias, la police, l’armée, les professeurs ou les parents, la société entière, semblent incapables, pour un temps, de mettre fin à la « croisade des enfants », qui exigent le respect de leurs droits et de leurs libertés. L’issue sera précipitée dans une confusion générale et nul ne sortira indemne de cette aventure où le burlesque le dispute au tragique. La Croisade des enfants est une
fresque du chaos postcommuniste roumain, confronté à ses propres dilemmes : enfance et jeunesse déboussolées, progrès et adaptation, politique et corruption, innocence et compromis…

La croisade des enfants, de Florina Ilis, Editions des Syrtes.

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