Aix-les-Bains / Réalisateur

24 octobre 2007

Tout le petit monde de la télévision est très agité. Ils n’ont qu’un seul mot à la bouche: directeur artistique.
C’est lui qui donnera son identité visuelle à la série. C’est lui qui sera capable de se projeter dans l’avenir pour que la série soit encore au goût du jour au moment de son arrivée à l’antenne, parfois deux ou trois ans après sa création.
En définitive, ils nous parlent d’un réalisateur. Non?

A ces réflexions agitées s’est ajoutée la présence des québecois. Minuit, le soir, de Pierre-Yves Bernard (le scénariste) et de Podz (le réalisateur). Un certain émoi a parcouru Aix-les-Bains. Très bonne direction d’acteur, réalisation, image, son… C’est bien. C’est homogène. Pour le dire simplement: on sent qu’il y a un réalisateur là-derrière.

Quelques mots sur Podz:
Daniel Grou, de son vrai nom. Une petite quarantaine. Vient de la pub et du clip. A passé une dizaine d’année à réaliser des séries américaines qui se tournaient au Canada. Puis, s’est orienté vers la réalisation de série pour la télévisions publique québécoise (Minuit le soir, les Bougon, Au nom de la loi, 3 fois rien).
C’est tout un savoir faire! Non seulement Minuit le soir est très bien réalisé, mais surtout, réalisé dans des conditions particulièrement serrées. Par épisodes (22 minutes) : 250.000€, 3,5 jours de tournage (5 jours en comptant le montage). Comme le dit Podz: “les bons jours on arrive à tourner 60 plans“.

Ca donne des envies. Ca donne des idées surtout. Depuis le début de DMM City, nous ne cessons de nous interroger sur la réalisation. Comment tirer parti de notre savoir-faire, de notre singularisme. Podz est une réponse. Il a le savoir-faire qui nous manque et ses envies de réalisations rejoignent les nôtres. Tournage rapide, tournage léger. Et on peut se prendre à penser que DMM devrait être réalisé par un seul réalisateur.
Avec quelqu’un comme Podz dans notre escarcelle, je suis sûr que nous pourrions l’emporter auprès des chaînes.
Réfléchir. Réfléchir à l’opportunité et la possibilité d’une co-pro avec le Québec.
Puis, une fois la réflexion terminée, le faire entrer dans la danse le plus tôt possible.

Aix-les-Bains / “La Commune”

23 octobre 2007

A Aix-les-Bains, nous assistons à la projection du premier épisode de “La Commune”.

Réussi et intéressant.
Cela crée un précédent en terme de représentation de la banlieue et de sa violence. Cela nous en dégage et nous permet d’aller plus franchement en direction du romanesque et du rocambolesque, en direction de la fiction épique. A cheval, tout immédiatement!
A eux la reconstitution sociale, à nous l’essence de la fiction!
Nous ne pouvons pas faire comme si ça n’existait pas: ne le faisons pas. Et merci FDLP!
La qualité de réalisation et de narration est bonne. La série se démarque très largement de tout ce que nous avos vu. Cela nous permet et nous impose un pas de plus dans la direction de l’innovation.

Aix-les-Bains / La télévision a changé

20 octobre 2007

Nous sommes à Aix-les-Bains. Nous y rencontrons les autres scénaristes qui, comme nous, écrivent pour la télévision. Ils on l’air très sérieux. Et ça ne les empêche pas parfois, de dire des choses intéressantes. Surtout lorsqu’ils sont canadiens!

La manière de regarder la télévision a profondément changé.

Pendant des années on a seriné la leçon suivante : il faut capter l’attention, il faut pallier au défaut d’attention, répéter encore et encore les informations clés pour être sûr qu’elles atteignent les spectateurs.

Mais aujourd’hui, le spectateur enregistre, le spectateur regarde la fiction sur DVD ou en VOD, il la télécharge : il choisit le moment où il regarde, il choisit de consacrer son attention à ce qu’il regarde.

Ce changement de comportement se conjugue avec la généralisation de la HD et des écrans plats. Ce phénomène est bien moins technologique et anecdotique qu’on peut le penser. La taille des écrans augmente. 1 mètre de base, en moyenne, pour ceux vendus aujourd’hui ; 1,80 mètre pour ceux qui seront vendus en 2010. Dans ces conditions, la qualité de diffusion est très proche du cinéma.

Ces deux éléments conjugués sont les raisons principales d’un nécessaire changement de la production de fiction pour la télévision. Autant sur le fond (qualité de l’attention) que sur la forme (qualité de la chaîne de diffusion). La fiction à télévision ne peut plus être ce qu’elle était. Elle se rapproche aujourd’hui du cinéma.

S’il est besoin d’un exemple pour étayer ce raisonnement, citons l’expérience américaine (pour changer !). Aux Etats-Unis, ce double changement est intervenu au début des années 2000. La télévision américaine a pris ce virage, s’adaptant aux changements de comportement et aux évolutions technologiques. Et c’est précisément l’époque où l’écart entre les séries américaines et les séries françaises s’est creusé. Vingt ans plus tôt, il y avait très peu de différence entre un Navaro et un Colombo. Regardons aujourd’hui le fossé entre un Louis la Brocante et un Jack Bauer…

Au travail

30 septembre 2007

Un mois de négociation et de discussion.
Discussions financières. Discussions méthodologiques.
Demain, nous reprenons le travail: l’écriture de douze synopsis développés et séquencés, donc.

250 pages, 500 séquences.
Réorganiser, découper, écrire: créer un feuilleton. Le feuilleton.

Un moins pour mettre tout à plat. Puis, discussion avec les producteurs et validations de nos choix (!).
Trois mois supplémentaires pour pondre le document.

Rendu à France2 fin janvier 2008!

L’écriture reprend

28 août 2007

La moustache a porté ses fruits.

L’écriture reprend.

Trois tranches de travaux:

  • octobre 2007 à janvier 2008: écriture des “masters” des douze épisodes.
  • février 2008 à juin 2008: corrections, négociations.
  • juillet 2008 à octobre 2008: rédaction des douze scénarios définitifs.
  • La première tranche est ferme. Ouf!

    Moustache

    2 juillet 2007

    Je me laisse pousser la moustache.

    Moustache

    Ses cheveux ont l’air d’être peignés avec un marteau pied-de-biche, et il a une de ces moustaches tombantes de bandit mexicain que plus personne ne porte, pas même le bandit mexicain moyen. En 1979, le reste du monde a continué de tourner, mais Billy ne s’en est pas aperçu.” Dennis Lehane - Un dernier verre avant la guerre.

    Je suis sûr que la moustache nous portera chance.

    Frémissements

    9 juin 2007

    Frémissements… Nouveau directeur de la fiction à France 2: Jean Bigot. Nouveau responsable des fictions “société”: Harold Valentin.

    C’est une bonne nouvelle pour DMM City!

    Email aux producteurs

    14 décembre 2006

    Las Vegas. Je suis dans ma chambre d’hôtel. A Paris, tout le monde s’agite: il est question de faire entrer un nouveaux producteur dans la danse de DMM City : Jérôme Minet.

    Las Vegas - Circus Circus

    J’écris à mes producteurs, Sophie Goupil et Serge Lalou:

    Je suis resté à Las Vegas. Après quelques jours d'adaptation - c'est Vegas tout de même - j'ai enfin trouvé mon rythme. J'ai sorti l'ordinateur, je me suis installé. Prêt au travail. Parlons sérieusement. Acceptons effectivement de suivre Minet, les yeux bandés (peut-être la tempête vous a-t-elle frappée?). Mais tirons-en le meilleurs parti et profit. J'ai fait les calculs et les comparaisons:
    Au Circus Circus, la chambre coûte 31$ la nuit, auxquels il faut ajouter 9$ pour la connexion wi-fi et 12$ pour une voiture (une Pontiac, coupée, noire, question de standing). La nourriture n'est pas chère, comptons 30$ par jour par personne.
    Après discussion, le Circus Circus est prêt à baisser le prix de la chambre à 29$ et la connexion Internet à 5$ si nous restons plus d'un mois.
    Cela me paraît raisonnable. Cela me paraît correspondre au temps nécessaire (32 jours) à l'écriture du texte demandé.
    Bien sûr, il y a le billet d'Yves, plus le surcoût de la modification de mon billet de retour. Mais Delta Airlines (presque en faillite) pratique des prix très avantageux. Et le dollar est si faible par rapport à l'euro.
    Je vous laisse faire le total et le communiquer à Minet.
    Faites-moi parvenir sa réponse par email Signalez-lui toutefois que chaque jour qui passe augmente mes faux-frais et retarde d'autant la négociation officielle avec le Circus Circus.
    Quant à la fièvre du jeu - c'est Vegas tout de même - ne vous en faites pas, j'ai trouvé une forme de martingale qui me permet de ne perdre que 2$ par nuit (en comptant qu'ils offrent deux verres de Wild Turkey aux joueurs, c'est une affaire). Je les prends volontiers à ma charge.
    Je vous embrasse.

    Direction Las Vegas

    3 décembre 2006

    Demain je pars pour Las Vegas, écrire un scénario. Un autre scénario, sans rapport aucun avec DMM City.

    J’abandonne derrière moi les personnes et les représentations qui me sont familière. Adieu Doroteo. Dors bien, en espérant que ce ne sera pas de ton dernier sommeil. Mais là-bas, je retrouverai tes compagnons et leurs montures indiennes, laissant derrière eux un nuage de poussière alors qu’ils s’éloignent dans la plaine ou disparaissent derrière un défilé rocheux. Et si nous avons de la chance, et si nous sommes assez rapides, peut-être approcheront-ils de nous plutôt que de s’éloigner ? Sera-ce un bon augure ?

    Note de propos

    28 février 2006

    Faut rebondire. Alors on écrit des choses nouvelle. Une “note de propos”.

    Juste en vrac pour ne pas oublier, quelques éléments pour ladite “note de propos”

    PROPOS:
    Questionnement sur la violence.
    Questionnement sur le mythe.
    Et au croisement des deux, comment naissent les héros sanguinaires d’aujourd’hui.
    [cf. ancien dossier de présentation + notes]

    VIOLENCE:
    Espace de transgression. Violence sans motivation ni revendication.
    Fuite en avant: les moyens augmentent sans cesse, les résultats baissent sans cesse.

    La réaction à cette violence: policière primaire. Les autres qui pourraient réagir: Catherine et Valentine, décident de laisser faire, de suivre. Pas d’autres alternative à proposer. Dissolution de Catherine dans la violence des enfants. Altération de Valentine.
    Altération aussi de Sean Penn et de son discours.

    Mouvement social, évidemment, mais dépolitisation. [cf. rapport des RG commandé par Villepin: le communautarisme, présenté comme cause et non comme conséquence.]

    Les enfants soldats….

    Les perspectives, où se placent les émeutes d’octobre, les précédentes?

    MYTHE:
    Le héros sanguinaire.
    Le mythe c’est Doroteo. Il n’est que la projection de ce que les autres voient en lui. Il calque son comportement sur leurs aspirations. Il devient le portrait qu’en a tracé les médias. Il devient ce que Fuentes cherche obsessionnellement à son sujet. Il devient, il est, il est dépassé, il court pour être au premier rang.

    Sean Pean et les îcones de l’histoire.

    CONCLUSIONS
    Le mythe est-il soluble dans la violence? Non, la violence l’amplifie.

    La violence est-elle nuisible? Non, elle est d’autant plus indispensable qu’elle est inutile: le charme des causes désespérées…